Olivier DEBRE

Né à Paris le 14 avril 1920, Olivier Debré (1920- 1999) réalise vers 1943 ses premières peintures dans l’influence de Picasso, puis, en 1945-1947, ses premières œuvres non-figuratives: des compositions de signes peints sur papier à la gouache ou à l’encre de Chine. Au tournant des années 1960 il revient au paysage, sa peinture est plus fluide avec des ponctuations de concrétions épaisses qui délimite et génère l’espace. Il qualifie alors sa peinture d’abstraction fervente car elle symbolise l’émotion ressentie devant le paysage.

 
Son œuvre tout entière est singulière en ce qu’elle est paradoxale. La peinture d’Olivier Debré s’inscrit résolument dans l’abstraction mais c’est une peinture du réel et de la nature, où la trace et le souvenir de ses nombreux voyages sont visibles. Olivier Debré pouvait peindre de grands formats abstraits « sur le motif », que ce soit sur les bords de Loire, en Chine ou dans le Grand Nord Scandinave. Abstraite mais pas cérébrale, sa peinture est émotionnelle, sensorielle. Bien qu’il ait été beaucoup exposé et jalonné de nombreuses commandes publiques ou monumentales, le trajet artistique d’Olivier Debré dans l’art du 20ème siècle a été solitaire et n’a pas fait école.

 

Il se dégage de sa peinture une grande humilité devant la force changeante de la nature, devant son impermanence, car Olivier Debré s’est confronté à un des projets les plus anciens de la peinture : capter l’immatériel inscrit dans la durée, donner à voir le temps qui s’écoule, témoigner de la sensation, fugitive, provoquée par le réel. Avec ces moyens modestes et triviaux que sont la toile, le pigment et la brosse du peintre.

Les œuvres d’Olivier Debré sont exposées dans la plupart des grandes collections internationales de peinture du 20ème siècle.

 

Commandes publiques et monumentales : collège de Royan, Faculté de Médecine de Toulouse, rideau de scène de l’opéra de Shanghai, de l’opéra de Hong-Kong, rideau de scène de la Comédie Française, Hôtel de ville de Boulogne-Billancourt, Notre-Dame de la Source à Compiègne, Immeuble d’ateliers d’artistes à Paris, …

 

 

Le 17 mars 1999, il est élu membre de l’Institut, à l’Académie des beaux-arts au fauteuil précédemment occupé par Georges Cheyssial. Il décède à Paris le 1er juin de la même année.