YANKEL

Yankel naît sous une bonne étoile, à la Ruche, à Paris, passage Dantzig… enfant de la balle, fils du peintre Michel Kikoïne.

 

Il pousse dans ce paradis pour enfants, parmi les plus grands artistes de l’Ecole de Paris : Chagall, Soutine, Krémègne, Indenbaum, etc. Plus tard, devenu peintre lui-même, il n’aura de cesse que de prendre la Ruche, pour modèle.

 

Yankel et ses parents survivent au désastre de la crise mondiale de 1929-30, par la découverte d’un tableau du Douanier Rousseau « Soir de Carnaval ».
Le « Salon des Echanges » qui vient d’être inauguré, permet aux artistes d’attendre des jours meilleurs.
Yankel et sa famille s’enfuient en 1940, à Toulouse, où ils resteront jusqu’à la défaite de l’Allemagne nazie.
A la libération, il s’évade en Afrique du nord. Il y rencontre le peintre Aristide Caillaud qu’il entraîne à Djerba au moment du fameux pèlerinage.
Plus tard, c’est au Soudan (Mali actuel), qu’il s’envolera pour pratiquer son premier métier de géologue. A Gao il fait la connaissance de Jean Paul Sartre qui le guidera vers sa vocation véritable. Il lui dédicacera son livre sur Baudelaire : « Le choix que l’homme fait s’identifie à sa destinée ».
Les vrais débats de Yankel peintre, il les fait en 1954, en exposant Galerie Drouant-David. Il décroche coup sur coup plusieurs prix de peinture dont le prestigieux Prix de la Société des Amateurs d’Art, après le Prix Fénéon.
Il pratique à cette époque un expressionnisme abstrait, influencé peut être par Rouault, Soutine et Egon Schiele.

 

 

Il participe à tous les Salons importants et représente la France à la Biennale de Sao-Paulo.
Il anime ensuite un groupe d’artistes amis, au Salon « Comparaisons », durant plusieurs années, qui se manifestait au Grand Palais.
En 1968, le hasard (ou la nécessité), le propulse à l’Ecole des Beaux Arts où il vient d’être élu par les élèves d’un atelier de peinture. Il y restera comme professeur durant 17 ans à côté de César, Pingier et Olivier Debré.

 
Il continue à exposer dans le monde entier, à Tokyo, New York, Tel Aviv et même Tahiti au Musée Gauguin. C’est même grâce à cette nouvelle échappée lointaine qu’il atterrit à l’Ile de Pâques où il rêvera de finir ses jours.

 
De retour, il s’installe dans un superbe atelier face au Parc Montsouris où avait vécu autrefois l’aviateur Mermoz. Il se lie avec la Galerie Yoshia qui lui restera fidèle pendant 30 ans.
Il passe l’été en Ardèche au village de Labeaume où il entame une seconde carrière de sculpteur. En même temps, il s’est découvert un talent de chroniqueur de sa propre existence, il publie plusieurs livres de souvenirs.
Cette longue existence consacrée à l’Art sera évoquée par deux historiens d’art éminents : Pierre Restany et Xuriguera.
De ses voyages en Afrique, il a découvert l’art nègre, qu’il collectionnera toujours, de même il se passionne toujours pour l’Art naïf et l’Art brut qu’il fait partager aux élèves des Beaux Arts.

 
A l’instar des ses amis du « Nouveau Réalisme » qui se servaient d’affiches décollées pour les réinventer à leur usage, lui Yankel utilise alors ses propres brouillons textes et déchirures pour renouveler encore son expression plastique.
La peinture pour lui a toujours été et demeure même sur ses vieux jours « une thérapie onirique et ludique ».