L’Eventail parle de l’exposition de Michèle Destarac.

9 December 2015

Repérée au milieu des années 1960, Michèle Destarac aura l’occasion de côtoyer quelques-unes des personnalités les plus en vue de la scène artistique internationale, dont Karel Appel, Asger Jorn, Pierre Alechinsky, Jacques Doucet, Olivier Debré… « Qu’on n’aille pas croire que Michèle Destarac se sente investie d’un pouvoir surhumain de pouvoir inventer la peinture », a écrit Gérard Georges Lemaire. « Elle invente sa peinture et c’est déjà un travail herculéen. Elle a fait un pari sur l’absurde : et si elle avait ses fondements et ses droits et si elle était l’essence d’une représentation sans voix et sans corps des marionnettistes sacrés qui nous font danser notre belle danse de mort en ayant la conviction qu’il s’agit d’une danse de vie ? Elle fait parler ce qui n’a ni bouche, ni langue, ni corde vocale. Elle rend éloquent ce qui est opaque, donc impénétrable pour tout cerveau normalement constitué. Elle rend tangible des monstrueuses entités qui se parent des teintes les plus vives ou se cachent sous les teintures les plus sombres d’un sous-bois. Ces êtres n’ont pas de consistance en dehors de ses tableaux. Mais elles en sont l’âme, la pulsation, l’élan. Elles sont si fortes, si fascinantes, qu’elles s’imposent à nos yeux et à notre pensée comme étant des monstres qui ne proviennent ni des cieux, ni des entrailles de la terre, mais de cette vérité que tout artiste recherche s’il mérite ce nom. » Artiste autodidacte née à Yerres en 1944, Michèle Destarac développe une œuvre picturale puissante qui s’exportera à travers le monde. La Galerie des Tuiliers, à Bruxelles, lui consacrera ses cimaises en ce mois de novembre.