
Xavier Oriach naît le 20 novembre 1927 à Sabadell (Catalogne).
Il commence dès la fin des années 30 à dessiner et peindre.
Il entre à l'École des Beaux-Arts de Valencia, participe en 1947 à la fondation, aux activités et aux expositions du groupe d'avant-garde «Z» dont il est le benjamin. Il se fait remarquer par le fauvisme de ses intérieurs et de ses paysages.
En janvier 1951, Xavier Oriach s'installe à Paris. À Barcelone il a déjà, tout jeune, rencontré Antoni Clavé, à Valencia Manolo Gil, Mompó, Sempere, à Paris il fait la connaissance du catalan Tàpies mais aussi de Chillida, Lobo, Parra, Pelayo, Palazuelo. Quelques mois à peine après son arrivée Bernard Dorival s'intéresse à son travail et lui demande d'accrocher avec lui la rétrospective de l'œuvre de Braque qu'il organise au musée national d'art moderne. En 1953, la Galerie Breteau présente ses peintures, et Oriach s'intègre rapidement à la Nouvelle École de Paris en participant à de nombreuses expositions collectives, au Salon des Réalités Nouvelles ainsi qu'au Salon de Mai.
Il s'établit à Jouy-sur-Eure.
Il y fait de son atelier un lieu de rencontres et de débats, crée un Centre d'art contemporain où il présente notamment son ami Pierre Tal Coat, Raoul Ubac et Tàpies, parmi les artistes dont les démarches manifestent avec la sienne quelque convergence, fonde et anime une Biennale de sculpture.
À partir de 1991 Xavier Oriach partage son existence entre la Normandie, où sont organisées plusieurs rétrospectives de son œuvre, et la Catalogne où il expose régulièrement.
« Ces formes sont issues de références que j'ai vues dans mes voyages, la nature, l'architecture... Elles sont mon écriture. Les formes ont un sens terriblement pictural, la couleur s'y attache mais cela n'est peut-être pas l'essentiel. Ce qui importe, c'est la recherche de la quintessence de la forme. (...)Il y a trente ans, ma peinture était plus gestuelle. La matière m'aide à modeler, à exprimer cette forme que je veux donner à ma peinture. »
Propos de Xavier Oriach
« Que pouvons-nous souligner dans l'œuvre de Xavier Oriach? En premier lieu sa capacité à évoluer et à s'exprimer dans un même langage en marge des modes et des tendances du marché, puis une maîtrise technique capable de convertir les formes et la matière en poésie communicante dans un espace pictural abstrait, éloigné des images du monde (...). L'œuvre de Xavier Oriach tend vers un seul objectif : dans l'idéal de la rigueur, créer un monde organique transcendé en espaces originaux, équilibrés ou en mouvement, doués d'un rythme propre et peuplées de confuses et partielles ressemblances. »
Maia Creus
« Comment, à tout instant, les choses commencent-elles de se détacher de l'ombre, franchir la mince frontière de l'absence, chancelantes encore, pour basculer dans le visible ? Soudain la peinture en fait éprouver la précarité et, accommodant le regard sur leur frémissante texture, donne à toucher, en sa stupéfiante étrangeté, l'insaisissable, inhumaine irruption de ce qui est dans l'être. (...) A l'instant où elle vacille à la lisière du présent, c'est, entraînant le visible tout entier en son chargement incertain, la Barque du Monde qui traverse la peinture d'Oriach. »
Michel-Georges Bernard


